Impressions - 22/05/2009
La semaine finit mieux qu'elle n'avait commencé
Par Nicolas Villette
La semaine finit mieux qu'elle n'avait commencé. Jeudi à 9h, j'étais à la projection de Carcasses, un film canadien de Denis Côté, à la Quinzaine. C'est l'histoire d'un homme qui entasse des carcasses, filmée un peu à la manière d'un documentaire. C'est un peu "arty", pas totalement ma tasse de thé, mais je ne regrette pas de l'avoir vu. Cela m'a bien occupé l'esprit.
Après, je suis allé voir Le Ruban blanc, le film de Michael Haneke. Là, rebelote, ça m'a bien pris la tête. Mais j'ai adoré. C'est glaçant, ça met mal à l'aise. C'est la chronique d'un village dont les enfants sont particulièrement étranges, un peu comme dans Le Village des damnés, de Wolf Rilla (RU, 1960). On sent le mal qui rôde. C'est une oeuvre qui dérange, à la manière d'un film d'horreur - sauf qu'il n'y a pas de scènes d'horreur. Et sous ses aspects chronique de village, le film a une valeur de document historique.
C'est un film "palmable". En tous les cas, il a ce qu'il faut : une grande ampleur, des grands enjeux de mise en scène, un sujet historique fort.
J'ai fini avec Los Viajes de Viento (Les Voyages du vent), film colombien de Ciro Guerra. Il s'agit du voyage insolite d'un accordéoniste sur le retour. Il y a une longue bande de paysages hallucinants, filmés en scope avec des plans très larges : tout ce que j'aime !
On a fini par un apéro dinatoire avec une société de distribution avec laquelle on travaille et la Fête des exploitants. C'était quasiment fini. On a pris deux verres et c'étaient deux verres de trop. Je suis rentré à 5h. Le lendemain, pour Time that remains, du réalisateur arabo-israélien Elia Suleiman, j'étais pas très frais, mais on était super bien placé. J'ai adoré le film. Il a fait l'unanimité dans l'équipe. C'est drôle, fort et extrèmement divertissant. Mais c'est aussi une chronique à la fois intime et politique. On a été conquis : ça fait du bien.
Ce soir, c'est Drag Me to Hell, de Sam Raimi, hors compétition, un film léger étant donné que je suis dans un état pas possible.
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Nicolas Villette, 36 ans, travaille pour l'Agence de développement régional du cinéma (ADRC), un organisme public qui vise à soutenir la diffusion des films à travers tout le territoire français et à maintenir un réseau de salles diversifiées. C'est la douzième fois qu'il vient au Festival. Venir à Cannes lui permet de visionner la majorité des films d'art et essai sur lesquels l'ADRC travaillera la saison prochaine. Son défi : voir une quarantaine de films en une semaine.











